Services d'Accompagnements , de Loisirs, d'Echanges...

Asalé, mais qu'est ce que c'est?

 

C'est le nom d'un projet, de notre projet, à mon amie Sandrine et à moi, depuis bientot 4 ans. Le temps passe vite !

Je voulais en parler un peu ici, parce que si la chose n'a pas toujours fait partie de mon quotidien selon les périodes, elle en a toujours fait parie en trame de fond. L'asalé, c'est un projet, une envie d'être là pour l'autre, une amitié qui s'est créee, des moments forts. Alors je voudrais vous la raconter un peu, cette Asalé.

 

Pour commencer, NON il n'y a pas de faute à "azalée". L'erreur est volonaire puisqu'il s'agit en fait d'un sigle :

Association de Services d'Accompagnements, de Loisirs, et d'Echanges....et plus longuement, aux personnes en perte d'autonomie, à domicile et en intitution spécialisée, dans le secteur des hauts cantons...

Oui c'est un peu long mais laissez moi mieux expliquer tout ça.

 

C'est en 2005 alors que je travaillais comme animatrice dans une maison de retraite que j'ai rencontré Sandrine. De là est née une afinité, un désir commun, et s'en est suivie une belle histoire. Mais prenons les choses au début du début.

Je crois qu'une fois qu'on a mis les pieds dans une maison de retraite, comme dans n'importe quel lieu de vie en collectivité j'imagine, on ne peut s'empecher d'être touché par ce qu'il s'y passe. Le personnel est débordé, ou fatigué, ou lassé, les résidents sont institutionalisés (si si le terme existe!!), rendus adaptés à l'institution...

Que font il dans la journée ? me suis-je avisée de demander un jour...Rien...

C'est une reponse terrible à entendre.

Lors de mon entrée dans l' établissement j'ai intégré le service de soins comme stagiaire. Je m'y suis faite rapidement. Le contact avec toutes ces personnes dont il fallait prendre soin avec douceur m'a parlé tout de suite. Mais j'avais une boule dans la gorge en pensant à ce Rien qui faisait leur quotidien.

Voir ces gens alignés, bien rangés sur les cotés du couloir, ou en réunion silencieuse autour d'une table ou personne ne regarde personne, c'est dur. Et pire encore de les voir paniquer lorsqu'ils son changés exceptionnellement de place, ou qu'on cherche à leur proposer un peit quelque chose à faire, tellement ils sont habitués à vivre là, ici précisément, face à la baie vitrée. Parce qu'une habitude, meme médiocre est si vite ancrée. Parce qu'une place atitrée est parfois tout ce qu'il reste comme vous appartenant personnellement.

 

Il y avait là d'anciens Maires, mais aussi des mères, grand-mères et arrière grand-mères. Des veufs, des couples. Des anciens combattants, des anciens résistants. Des femmes d'affaires, des dragueurs invétérés, des pimpantes, des grisonants. Des gens du pays, et des déracinés. Des centenaires et des quincagénaires. Des intellectuels de bureau et des enfants de la terre.

Toute une micro population, une petite France vieillissante réunie là, sur quelques étages.

A la fin de mon stage, on m'a proposé un contrat de six mois. J'ai accepté bien sur, mais pris rapidement rendez vous avec le directeur de l'établissement pour demander quelque chose qui jusque là n'existait pas...Je voulais être animatrice. Occuper ce vide, proposer quelque chose, faire du bruit, faire rire..? Je n'en avais pas la moindre idée au fond !

Je ne sais pas pourquoi ni comment il a accepté ça. Il n'était pas prévu qu'un poste d'animateur soit créé, et je n'avais de mon coté aucune expérience ni aucune formation.

 

Me voilà donc pionière dans la maison ! Et pas toujours bien vue il faut le dire..! Mais comme j'adore faire de petits remous, je me suis plutôt amusée dans le fond.

C'est là que j'ai rencontré Sandrine, donc...J'en reviens enfin au sujet !

Elle aussi se balladait avec de petits contrats et se plaisait "aux soins" depuis un an. De dix ans mon ainée,elle avait une tchatche à convaincre n'importe qui et une energie que je lui envie toujours. Et elle m'a convaincue. Un jour que nous servions le gouter ensemble, elle m'a proposer d'essayer de bouger un petit peu les choses dans la maison en proposant nos services en dehors de nos heures de travail, pour animer un peu et rendre de menus services à nos protégés, sans être entravées par une administration trop lourde,entre autre.

 

C'est à ce moment précis que le directeur est passé prés de nous. Tenant déjà cet homme en estime et en une certaines forme de sympathie, je courrais derrière lui pour lui parler de l'idée. 10 minutes plus tard nous étions reçues dans son bureau pour tenter d'expliquer la chose. Nous avions envie de faire plus, de faire mieux en agissant de l'extérieur, de nous faire trois sous aussi à ce moment là !

Mais comment faire ? quel statut adopter? fallait-il que nous soyons "quelque chose" pour agir ou notre bonne tête suffisait elle ?

 

Nous sommes resorties de là avec un moten tête : association.

 

Il nous aura fallu six mois a toutes les deux pour porter cette idée et qu'enfin, l'association Asalé voit le jour. Septembre 2005, première réunion officielle et nous térrorisées à l'idée d'exposer notre projet à la quinzaine de personnes présentes. Directeurs d'établissement, travailleurs en millieu hospitaliers, élus locaux, familles et proches de personnes placées en maison de retraite..."Tout d'abord...Merci d'être venus, d'avoir tous répondu à notre invitation..." Ca y est, quelques jours plus tard, nous serons déclarés en préfecture et officialisés aux yeux du monde, ou de ceux qui voudrons bien nous voir.

 

Au fil des mois notre idée de"faire quelques heures pour les papis en dehors du boulot" s'est transformé etafiné enun projet beaucoup plus vaste et engagé me parait un mot juste.

 

C'est qu'il a fallu à un moment justifier denotre envie de faire, l'expliquer aux autres, la disséquer, l'anoblir, et finalement trouver au fond de nous même ce qui nous avait poussé à avoir envie de nous y mettre pour de bon.

Notre créneau : "Bien vivre ne doit plus seulement dire être bien soigné."

 

C'est lourd de sens quand on voit des gens dont la vie se résume aux visites d'infirmieres et d'aides soignantes. Bien sur j'assurais toujours mon Job d'animatrice,et Sandrine d'aide soignante, puisqu'au final, une fois l'Asalé créée et elle et moi aux places "dirigeantes", il nous était impossible de cumuler nos fonctions et d'être salariées. Ha drôle d'histoire quand même quand on y pense ! On veut arrondir ses fins de mois et on se retrouve à la tête d'une  association aux projets plus ambitieux que nous, à travailler  ses heures et sans espereren tirer le moindre profits...Fallait il qu'on les aime nos papis...J'ai d'ailleurs en écrivant une pensée pour ceux qui ont croisé notre route et qui nous ont quitté maintenant.

 

Mais en fait tout cela m'a aporté beaucoup plus queles quelques deniers que nous avions espérés. Je pense parler aussi au nom de Sandrine en disant cela. Il nous aura fallunos renseigner, savoir parquel bout on commence, comment créer uneassociation dans les règles de l'art (et de la loi). Il a fallu aprendre à parler à des gens plus heuts placés que nous, les convaincre, leur demander ce à quoi ils tiennent le plus, leur argent, leur soutien..Il a aussifalu en passerpar les déconvennues, découvrir que les politiciens aussi petits soient ils ont une logique bien à eux des codes aussi, et surtout, des amis qu'il faut savoir citer au bon moment !

 

Parler en public, devant plus de vingt personnes parfois, organiser, s'ordonner, démarcher, parlementer, et enfin, unpeu, de temps en temps, être auprés  denos papis et de nos mamies.

 

Je me souviens maintenant avec le sourire de rendez-vous que nous avons eu avec tel ou tel député ou avec cette drôle de femme présidente adjointe du conseil général...Arf, arriver avec nos quelques pages (3? 4?) et la verve de Sandrine, mon coté "dur en affaire" (si si !), devant n'importe qui avec l'aplomb des innocents..Et parfois ça marche !!

Un coup du destin nous aura quand meme bien aidé..Un dossier de demande de subvention que nous avons rempli en derniere urgence, convaincues qu'il ne nous servirait qu'à nous faire la main pour les années suivante. Au final un entretien et une subvention de plus de 10 000 euros de la Fondation de France !! Encourageant !!!

Concretement nous avons eu l'occasion de mener quelques actions à bien. Il est vrai que nous avons des hauts et des bas, des periodes ou nos vies privées ne nous premetent pas de nous donner autant qu'il le faudrait mais dans l'ensemble nous savons que nous avons apporté et apportons encore quelques moments de bien-être à des personnes qui en ont besoin.

Qu'il s'agisse de garder un papa malade pendant que ses enfants s'accordent quelques jours de vacances, ou de passer des aprés midi à proposer des massages des les maisons de retraites, nous essayons d'être là ou on a besoin de nous. Passer quelques heures à enir la main, a lire le journal à haute voix, organiser une journée spectacle cabaret/thé dansant ou faire venir les enfants de maternelle pour chanter leurs comptines. Emmener une femme assister au mariage de sa petite fille  mais aussi accompagner les gens vers leurs rendez vous médicaux...Voilà les petites choses que nous faisons. Divers, pas toujours aussi pro qu'il le faudrait, mais on avance doucement vers notre but, changer un petit peu les choses et amoindrir l'enfermement des personnes privées de leur liberté de mouvement et d'action.

 

Nous avons pu aussi embacher un peu de personnel de temps a autre, quelques sous de gagnés pour des jeuens qui auparavant nous avaient aidés en tant que bénévoles, ce n'est que justice ! Pour nous, tujours un statut de direcion de l'association meme si nous avons pu l'une et l'autre etre embauchées de temps à autres. Mais là n'est plus le but, nous avons toutes les deux une activité qui ne nous permet pas de travailler officiellement pour l'Asalé en plus. Bénévolat donc, encre et toujours, et sans regret  aucun !!

 

 

voila voila je voulas partager ca aussi avec vous !!

 

 

 

 

 

 

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Commentaires (4)

1. vivi 14/09/2008

J'espère que ce projet verra le jour trèèèès bientôt!!!
Vivement la suite!!!
C'est pas les plus diplômées les plus investies parfois...
Bisous

2. la roots family 14/09/2008

bravo a toutes les 2,tous ces papis et mamies ont beaucoup de chance de vous avoir près d'eux.

3. sandrine 21/11/2008

a chaques lignes j ai souri, j ai meme failli pleurer . et non je n en fait pas un peu trop..., c est tellement vrai.......je t adore pour pas dire je t aime car ca ferait deplacé.

4. Maud 09/04/2009

...un pas de plus vers le respect de l'Autre et des plus âgés en particulier...
Magnifique!

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