la naissance de lou-ange

je m'etais promise, comme je l 'avais fait pour mon fils, de mettre par ecrit les premiers instants de la vie de lou-ange. Il m'aura fallu 5 mois pour retracer ce long cheminement qui mene vers la naissance, en comprendre les rouages et enfin pouvoir revivre cette naissance de facon plus claire, comme vue de loin, dans son ensemble.

La naissance de quentin a debutée au matin du jour ou il est né, au moment ou je perdais les eaux en sortant du sommeil.

Pour Lou-Ange, j'ai cherché longtemps a determiner cet instant , ce moment M ou le presentiment de la rencontre toute proche devient une evidence...Je n'ai pas trouvé, meme en cherchant bien.

Il m'a fallu en fait remonter a une semaine complete avant sa naissance a proprement parlée. Une semaine de long cheminement, discret, perturbant, ou beauoup de mes assises et de mes certitudes sont tombées a terre...


Samedi. Me voilà. Pleine, ronde, ondulante et maladroite. J'erre dans la maison, yves est enfin en congés , il a pris un mois pour preparer la venue de notre petite et passer du temps en famille apres la naissance. Ca y est, je peux lacher prise. Il est là, je suis impaciente, Quentin est assuré d'avoir une nounou, michele, qui viendra jour et nuit s'occuper de lui durant le travail, elle aussi a pris un mois de congés. Quel devouement, quelle amitié ! Ma sage femme se rendra disponible elle aussi malgres une vie personnelle perturbée par la fin de vie de son pere, merci.


Ne reste plus qu'a attendre que le jour vienne. Tout est en place. Je me sens prete. prete à revivre ce fabuleux moment, a accueillir la douleur et a la faire mienne, à en tirer la force necessaire de te faire venir parmis nous. Oui, ajourd hui, je le sens. Tu viendras cette semaine. Mercredi. jeudi, peut etre. je te tiendrais pres de mon sein avant la fin de la semaine, tu seras un peu en avance, mais de peu. Et il y aura quelques chose de fort en cette naissance, meme si pour le moment je me demande ce qu'elle pourra m'apprendre que je n'ai pas decouvert avec la merveilleuse arrivée de ton frere. J'attends de voir...

Lundi. Ne reste que la pluie. J espere qu'elle s 'arretera ne serait ce que quelques heures pour permettre a quentin de se promener aux alentours de la maison si le besoin s'en fait sentir pendant que toi, petite fille, tu feras ton entrée dans ce bas monde. Mon corps ne supporte plus de te porter en ses chairs et pourtant je suis heureuse de profiter encore un peu de ces moments fragiles ou ton pied vient se loger dans la paume de ma main dés que je t'apelle a moi. Tu es deja si vive, si vibrante ! Lou-Ange...Un drole de prenom, une drole de petite fille, j'en jurerai ! Tu peux venir maintenant.

Ou plutot non, attend encore quelques jours...Je suis certaine que toi et moi faisons route ensemble vers ta naissance et je pressens au fond que je controle un peu les choses, si tant est que cela soit possible : tu n'arriveras pas avant que je finisse les faire part de naissance et que je fasse un grand coup de menage dans la maison. Puis, il y a malgrés tout quelques jours ou je ne voudrais pas accoucher. Michele doit finalement travailler un peu ce mois-ci et je compte vraiment sur sa presence. Je prie autant que je le peux pour que tu viennes un jour ou elle sera disposée a venir a la maison. Je tiens a ce que quentin soit entre de bonnes mains. Mercredi, ca serait parfait...

Mardi.
Je suis malade. 39°...Je tousse par quintes. Je suis epuidée et triste. Moi qui me sentais invaincible il y a quelques jours a peine, me voilà aterrée. Je pense meme a faire mes valises pour la meternité. Je sais que tu arriveras sous peu, tout le monde pietinne a la maison, le temps s 'est arreté, je passe parfois des heures le soir dans un etat de repli ou tout s'efface autour, je tourne comme une chatte, et pourtant, je ne veux pas que tu arrives. Tu es prete, mais je ne le suis pas. Tu ne naitras pas demain, ou alors, ce sera a l hopital. Je tousse beaucoup trop, j'ai peine a respirer, des aiguilles se plantent dans ma gorge a chaque fois que je parle...Non, dansd ces conditions, et fievreuse comme je le suis, je n'aurais pas la force de te mettre au monde toute seule. Pour la premiere fois depuis que tu es entrée en moi, je doute. Je n'avais jamais émis l'idée que tu puisses naitre ailleurs qu'ici. J'ai peur.

Je cherche une pharmaie, mais personne ne veut me prescrire quoi que ce soit... J'apelle le medecin qui me dit qu'il ne me donnera pas autre chose que du doliprane...Je me sens desesperement seule.


Mercredi.

Ne viens pas aujoud hui, surtout, ma toute belle. J'avais dis...Oui, j'avais dis et ca aurait bien pu se faire selon mon desir. Mais je renonce a lacher prise. Je sais que tu es en bout de course, que tu voudrais bien etendre tes jambes et voir enfin la lumiere, mais je refuse de toutes mes forces. Si nous pouvons, nous attendrons encore quelques jours. Je refuse l'idée d'accoucher ailleurs que chez moi, dans cette chambre qui a deja vu naitre ton frere, dans ce lit familial. Non, ca ne sera pas aujourd hui. Mais demain peut etre...? Mais ou alors ? aurais je la force ? Ma fievre ne baisse pas, j'angoisse. Ou est donc la belle serenité qui m'ennivrait jusqu'alors ?

Un petit miracle m'est quand meme accordé...j'ai trouvé une pharmacie , une pharmacienne, tres douée en homeopathie et elle m'a prescit un traitement. Avant de me laisser quitter les lieux, elle m'a retennu au comptoir pour me glisser ces mots "guerrissez vite, elle n'attendra pas longtemps, elle est a cran !"

je ne lui avais pourtant pas dit que tu es une fille...


Jeudi.
Je renais ! en moins de 24 heures, le traitement fait deja effet ! extraordinaire ! ma fievre baisse et je sens a nouveau l'air penetrer pleinement dans mes poumons sans brulure ni aiguilles. Il faut que tu attendes encore un peu, mais si tu devais venir ce soir, je saurais trouver la force. Bientôt....


Samedi.
Me voilà retablie !

depuis ce matin, je tourne un peu en rond, ca y est c est pour bientot. Demain sans doute, ou lundi...

Lundi, ca serait bien ! deranger ma sage femme un dimanche de paques, la priver d'une journée avec ses filles et baignant dans le chocolat, ca m'ennuierait un peu. Puis nous avons des invités surprise. Le parrain de Quentin et sa douce. Ils passaient dans le coin, commet leur refuser une nuit a la maison ? On ne les voit pas tres souvent...


Samedi, donc....
Tout la jounrée j'ai tourné en rond. Quelques contractions, surtout dans la matinée. Rien de douloureux, rien de regulier, mais cette fois, je sai que nos jours, voir nos heures, sont comptés. On en plaisante d'ailleurs ce soir pendant le repas. Un bon repas, entre amis, apres une longue journée sans sieste, usante, mais revigorante à la fois, apres ces jours d'angoisse. Nous trepignons tous a l'idée de ta venue. La maison n'attend plus que toi ma toute belle. Sans que personne ne le dise vraiment, tout le monde se tient pret, le puzzle se met en place, petit a petit chacun se dirige lentement vers la role qu'il devra jouer lors de ta venue. Mais personne ne le sait encore.

Pour le moment on papote, on rit, on echange, on se rechauffe sans penser a la pluie du dehors. demain , dicmanche de paques, journée de grace et de bonne chair, journée familiale aussi, et amicale semble t il puisque les amis ont decidé de rester pour tout le week end.

Dans le doute, je leur demande de ne pas occuper la chambre. Sait on jamais ? J'ai pourtant annoncé avec le plus grand serieux ce soir "je controle...elle arrivera lundi. je suis sure que je peux avoir une influence sur cette naissance. tant que vous serez a la maison elle ne naitra pas."
Mais ils dormiront dans une autre piece, chambre d'ami improvisée, mais tout confort ! au cas ou...
On ne voit pas le temps passer ce soir. Poutant je suis epuisée Je n'ai pas pris de temps pour mi aujourd'hui. Le temps passe et nous mene a minuit. Puis minuit et demi. puis une heure...


au cours de la soirée, quelques contractions, en mettant la table, en portant quentin...Rien de douloureux, mais je me trouve parfois le souffle court, j'ai besoin de quelques secondes de repos ou d'appui. Oui, Lou-ange arrivera Lundi. tôt.

une heure et demie du matin, la journée s'acheve sur des plaisanteries et une chaude amitié. Nous nous couchons, enfin. Depuis quelques nuits nous avons demenagé au salon. Il y fait bon et je sais qu'en cas de debut de travail nocturne, je pourrais laisser dormir quentin ici pendant que j'irai donner naissance a sa soeur dans la chambre.

Yves s'endort avant moi, riant une derniere fois avant de fermer les yeux. Il me taquine ce soir, il dit que la naissance est toute proche, plus proche que je ne le dis. Cause toujours , chéri !

et pourtant.

Je regarde mes hommes s'endormir. je les regarde tous les deux tour a tour, j'ecoute leur souffle, je les caresse doucement, dans la penombre ou seul le feu de cheminée me laisse entrevoir leurs contours endormis.
 feu de cheminée et velux juste au dessus de ma tete. Je contemple le bout du ciel avant de m'endormir...

Je cherche. Je cherche le sommeil et il ne vient pas. J arrive tout au plus a tomber dans une torpeur legere, je me sens m'engourdir mais je ne franchis pas le pas qui me fera sombrer. Pas de sable dans mes yeux ce soir. POurtant je suis amorphe. Je tourne. Je retourne. D'un coté, de l'autre, je cherche et ne trouve pas.


Une contraction. Tient...Pas identiques aux autres de la journée. Elle m'a juste fait un peu mal. Peu, mais juste assez pour me tenir eveillée en attendant la suite.


Un coup d'oeil sur l'heure...2 heures et demi du matin....

Une seconde....Je sombre a nouveau dans mon demi sommeil bercée par le souffle de mon homme. Sa respiration, quand il ne ronfle pas, m'a toujours aidé a m'apaiser les soirs d'insomnie.
Une troisieme....Je me reveille...Tourne et vire, je ne peux pas dormir. Je retrouve avec autant de delice que d'aprehenssion cette douleur , la seule que je connaisse que je puisse qualifier de "crue". Une douleur crue. Je ne sais pas si cela a du sens pour qui n'a pas accouché.


Crue , mais pas vive. A vrai dire je ne suis sure que d'une chose : je ne dormirai pas, ou peu, cette nuit.

Le travail se prepare sans doute. Il faudrait pourtant que je ferme l'oeil , si le vrai travail se met en route demain matin. 3 contractions un peu douloureuses ne veulent pas absoluement dire que le travail a commencé. La nature est assez bien faite j'immagine, pour mettre l'accouchement en route apres m'avoir accordé un peu de repos. Sans sieste et apres des jours de fievre, elle me doit bien ca avant de me lancer sur la voie de la naissance.

Pourtant je dois me rendre a l evidence, je tourne en rond et ma fatigue s'atenue de minute en minute...Voila une heure que tout le monde dort et je suis toujours là.

Je reveille Yves, a demi...
"coeur, je vais prendre un bain, ne dors que d'un oeil au cas ou je t'apellerai..." Nous nous embrassons, et je file vers la salle de bain...

Je file....Non, en fait, je me traine. Arrivée là, je me sens etrangemment calme. J'aime, j'ai toujours aimé etre seule eveillé dans la nuit, avoir l impression d etre seule a profiter de l instant, seule a voir et a entendre ce que le jour nous cache.

L'eau coule.
opportunité pour moi de faire un bilan, de me regarder dans ce mirroir ou je peux me voir toute entiere, avant de plonger dans l'eau chaude. Les seins bombés, d'ors et deja en forme de tetines pretes a etre agrippées, tombants, lourds, pleins, le mamelon elargi et sombre. Et ce ventre, enorme, tendu. Mon nombril ressemble a un champignon pret a sortir de terre. Tout est tendu a son maximum. Mes fesses, mes cuisses, ont suivies le mouvement elles aussi. je ressemble a une petite statuette prehistorique. c est peut etre la derneire fois que je me vois ainsi avant l'accouchement. Je contemple ces formes exagerées, ce corps rempli de vie, ce trop plein de toi, ce reflet de moi en deesse d'argile et je me souris.

Je me souris et je me met accroupie, car une nouvelle contraction arrive. douloureuse, certes, mais...ca va...elle est deja partie. Je reste acroupie un moment, je m'observe comme si je ne metais jamais vue aparavant. J'ai peu de temps a moi pour me regarder comme ça, en prenant le temps de le faire vraiment. Le constat est alarmant...! sans le ventre, mes cuisses vont etre disproportionnées ! c est fou !

treve....je me regarde en facce cette fois , et fais un second constat dramatique...J'ai une tete abominable ! cernée, boufie, mal coiffée. Je deviens bougonne...Je ne suis pas d hupeur a travailler ette nuit. Je n'ai pas dormi..regarde toi ma pauvre Noé...a veiller si tard apres une journée pareille !

Il est temps d'entrer dans le bain, de laver toute cette fatigue et d'en resortir propre, fraiche et vidée de toute pensée , histoire de retrouver mon lit et d y plonger pour de bon apres un moment de detente. Demain, c est le grand jour ! ca y est, je le sait ! demain matin, le travail se mettra en route pour de bon...


dans le bain, je m'amuse. J'experimente toute sorte de positions, je me laisse aller. Je me souviens de cette lutte contre la douleur qui avait fait stagner le travail lors de la naissance de quentin. Je ne veux pas refaire la meme chose. Si je dois partir pour des heures de travail cette nuit ou demain, autant economiser les forces que j'ai, et Dieu sait que j'en ai peu ! Combien de temps cela va t il durer cette fois ci ...? 6, 7, 8 heures ? ou est-ce un faux travail ?

peu importe. Les contractions sont là, de toute evience, main completement inatendues. Parfois je reste un long moment a me demander si je ne ais pas retourner me coucher, j'ai la senation qu'il ne se passe plus rien. Puis soudain, deux contractions se battent pour arriver la premiere ! plusieurs fois , j'ai la sensation d'enchainer deux contractions dans une meme foulée. La vague n'a pas le temps de s'epanouir qu'elle se fait engloutir par une nouvelle. troublant. Mais pas si douloureux que ça...je gere.

Je gere et je m'amuse. bien sur, la douleur est là, forte, puissante, incontrolable, mais je suis loin de la souffrance aux sueurs froides et sans conscience que j'ai vecu deux ans plus tôt. Je doute...Ce n'est peut etre qu'un faux travail aprés tout.

Toujours est il qu'a chaque nouvelle contraction, j'experimente. Je me souviens de cette image de tsunami. La douleur est un tsunami...quoi que je fasse, elle sera la et prendra le dessus. Elle DOIT venir et faire son travail, il ne sert a rien de lutter...Alors,je ne lutte plus. Je tache de jouer à la poupée de chiffon, ce jeu que j adorais il y a de ca 15 ans.

Je me ramollis comme une tablette de beurre au soleil. Je nargue la douleur, je me moque d'elle. A chaque fois qu'elle pense me fragiliser, me raidir, qu'elle espere une reaction, n'importe laquelle, un glignement d'oeil, une crispation de la main, un cri, je la regarde en face et je lui ris au nez. Chaque fois que je la sent arriver, je tache de me fondre dans l'eau, devenir liquide moi meme. Je cherche a trouver du plaisir dans la douleur. de trouver de la detente dans la contraction...Brerf, je joue, je nargue, je prepare le terrain.


Pou le moment, c est assez facile...Je n'ai eu somme toute qu'une dizaine de contractions et elles ne sont pas encore bien vives...Je ne serais peut etre pas si fiere d'ici quelques heures...Mais peu importe, je tache de vivre l'instant et me dis que mon actuelle economie d energie sera toujours un petit bonus quand je devrais puiser dans mes dernieres ressources...Plus tard..chaque chose en son temps...

La derniere contraction que j'ai eu dans ce bain m'a laissé une sensation etrange. J'ai entendu la contraction. un bruit de ventouse, comme un appel d'air...et la sensation aussi. J'ai souris , j'avoue, en pensant a ma moon cup qui n'a servi que deux fois en trois ans....

Mais, sourire fini, j'en reviens aux choses sérieuses en train de se jouer...Ma grande question est la suivante...suis je en train d'accoucher ou non ? Pour le moment je gere seule et n'i pas besoin d'aide...mais je pense quand meme avoir commencé le travail por de bon, reflexion faite..c est cette derniere contraction, "la ventouse" qui me fait prendre la decision d'aller reveiller yves...

je traversse la maison, une serviette nouée autour de la poitrine, et tache de me baisser pour le reveiller. Cete fois, je commence a avoir mal. Une nouvelle contraction me prend , plus douloureuse que les precedentes...
Oui. Il est temps.
Yves a un peu de mal a emerger. Je lui dis de prendre son temps.

3h35 du matin. Ma sceance salle de bain a duré une grosse heure. je cherche les numeros de telephones de ma sage femme et de mon amie michele. meme si quentin dormira probablement toute la nuit je prefere qu'elle soit là. nous nous atendions tellement a sa presence qu'elle manquerait au tableau. elle avait envie d etre là elle aussi, meme inutile.
Mon homme prend le temps de se reveiller, nous ne sommes pas a quelques minutes pres...elle arrivera sans doute au petit matin notre petite fille. etrangement, je la sens remuer, j'ai l'impression qu'elle est eveillée, ou alors, elle reve et s'agite...
nous prenons quelques minutes pour discuter, pas de mots d'amours, juste de tendresse et de preparation...j irai chercher les draps pourla chambre et lui telephonera. j'aime le symbole du pere qui apelle la sage femme. je prefere m'occuper du lit, et de toute facon je sais mieux que lui ou tout se trouve dans ma montagne de linge non plié.

Il telephone donc....sage femme...pas de reponse....
Michele...pas de reponse....

il commence a s'agiter un peu..;ce n'est pas grave cheri, recommence, tente un autre numero....dans l agitation il compose a nouveau le meme numero, mais je ne le saurai que plus tard, le mauvais numero ! c est sur son telephone portable que nous essayons de la joindre...telephone portable qui ne capte aucun reseau dans sa maison !

je suis soudain prise d'une innatendu et inevitable envie de me vider...je cours aux toilettes entre deux contractions. a peine le temps d'arriver, juste a temps, ouf !!


quand je reviens, je trouve mon homme en train de se bettre entre le telephone qui n'a toujours pas reusi a joindre la sage femme, et les draps.

et là, soudainement, irrepressiblement, j'ai envie de.....dormir ! Maintenant ? et oui...!
apres tout je l'ai bien mérité! surprise moi meme de cette violente envie de sommeil, je me laisse aller et je m'efondre sur le canapé. peu etre le travail va t il s'arreter ?

je ne sais pas combien de temps cela a duré. impossible de le dire. mais j'ai la sensation d etre partie quelques minutes dans un someil de plombs, presque une perte de conscience. Un sommeil lourd, opaque, etrange...

a mon reveil, si l'on peut apeller ca ainsi, yves n'a toujours pas reussi a joindre qui que ce soit...il fini par laisser un message sur le portable de ma sage femme "noémie commence a avoir mal, je pense que tu devrais arriver mais je n aririve pas a te joindre...rapelle moi..." Il est 3h45

je l'entend de loin, pourtant il est juste a coté de moi.

quentin dort a quelques metres de moi, je le regarde d'un oeil , toujours couchée en boule sur le canapé...et là...


je me jete par terre !

une nouvelle contraction fait son entrée.

violente..violente!!! inouie ! une sueur froide m'envahie toute entiere, la nausée me prend aux trippes, je vais vomir. je vais vomir et je ne survivrai pas a cette contraction. Jusque la c etait si simple ! si doux, si calme !

je vais m'evanouir...je me sens partir...

je ne tiendrais pas le coup sans ma sage femme pour me guider. yves va paniquer, je me sens paniquer aussi. mais je ne peux rien dire, je suis prise toute entiere par cette dechirure interne, par ce froid ! ce froid !

je voudrais lui dire que je vais m'effondrer, mais je ny arrive pas, il devra s'en rendre compte tout seul....j'ai peur...


et ca s'arrete. Là, comme ca, soudainement, ca s 'arrete. le temps s'arrete lui aussi avec la douleur.


et comme la premiere fois, vient ce moment hors du temps, de de la realité, ou le mal s'en va pour faire place a l'ouverture.
voilà, ca y est.

Je pensais etre en debut de travail ily a quelques minutes encore, et me voila face a une certitude...je connais cette sensation....arrivée imminente...


elle arrive....
je sens sa tete descendre. je fais partie de ces femmes touchées par la grace qui cessent d'avoir mal lors de l'expulsion de leur bébé. plus de douleur, juste cette plenitude et cette ouverture immense qui apellent la naissance immediate.

Je le lui dis...je sais que je ne bougerai plus d'ici. je suis a quatre pattes au millieu du salon, au pied du canapé, et soudaiement, je me vois de loin, comme sortie de mon corps, je sens tout ce qu'il se passe avec une incroyable acuité.

"Coeur, elle arrive..."

je pousse...
"non!"

je pousse...
"si, vient"

"non..."

"vient..."


il s'approche de moi, se met a genoux et regarde...silence...

elle est là, non?

"oui, elle est là , notre poupette, je vois sa tete, elle est deja sortie..c est bien coeur, continue, elle est là....elle....................elle est toute violette...."

dans un souffle, je lui repond que c est normal...

je le sens tremblant et pourtant je ne peux pas le voir. je sais qu'il regarde intensement ce qu'il ne croyais jamais voir, lui qui pensais me tenir la main en me disant des mot doux, le voila dans le role de l'accoucheur. sa voix tremble un peu. je profite du silence...dieu que ca me parait une eternité, et pourtant tout ca n'a duré quelques quelques secondes!!
je profite disais-je de ce silence pour passer ma main sur la petite tete ronde de notre fille. elle a des cheveux....


je pousse a nouveau....
et sortie d'une bouche a la froideur angoissée, j'entend yves prononcer...."elle a le cordon autour du cou, qu'est ce que je fais ? "

je suis completement lucide. je n'ai pas mal, je n'ai pas peur, et forte de tout ce que j'ai pu lire sur la naissance, je sais que ce n'est rien. si elle est descendue si vite , son cordon ne doit pas etre serré....

"degage le de son cou, ou coupe."

il a degagé le cordon avec un seul doigt, il est venu tout seul....

une poussée et elle etait dans ses mains.

glissante, vibrante, vivante, criante....


et la vie reprend immediatement son cours...yves a perdu ses lunettes, quentin se reveille aux premiers cris de sa soeur, il hurle lui aussi de me voir ensanglantée au milieu du salon avec un bébé accroché au bout de moi. Il hurle ! il pleure, il pense que je suis blessée, yves ne sait plus ou donner de la tete entre nous trois... les amis se reveillent arrivent au salon a point nommé pour nous venir en aide, trouver le bon numero de la sage femme, preparer un petit quelque chose a manger, sortir les chocolats de paques pour calmer quentin, surveiller la delivrance finale, couper le cordon...3h52; la sage femme repond au telephone....7 minutes se sont ecoulées depuis le message de yves annoncant que "j avais mal".


je regarde toute cette agitation, tout le monde évoluer autour de moi, je suis toujours nue assise par terre sur ma serviette de bain, lou-ange a trouvé le sein avec determination, sans aide de ma part. J'eclate de rire...tout ca est surnturel !
je ris, je ris et je regarde tour a tour mon homme afollé, mon fils qui pleure et qui rit entre deux chocolats, mes amis qui s affairent , mon nouveau bébé...une peite blonde semble t il, plein de cheveux ! elle est miniscule...et vive !


Virginie arrivera une demie heure plus tard, nous trouvera tous eveillés et encore surpris de cette arrivée un brin magique. Nous n'avons pas bien realisé encore tout ce que nous venons de vivre. La maison est bruyante au milieu de la nuit, je contemple ma petite fille, j'aimerai le toucher, la regarder toute entiere, mais je l'ai emmitoufler dans une couverture pour ne pas qu'elle ait froid. Je suis en fait tres occupée et ditraite par tout ce qu'il se passe autor, et j essaie de réaprivoiser quentin qui ne veut toujours pas 'approcher. il a vraiment eu peur...

Virginie arrivera finalement une demie heure apres la naissance de lou-ange, elle verifiera que tout se passe bien pur chacun de nous, plaisantera un peu, et nous laissera finir notre nuit versd 6 heures du matin. Bie merité, ce repos.

 

por la premiere fois, nous nous endormons a 4 dans ce grand lit. notre vie vient de changer pour toujours, encore une fois...Que se passera-t-il demain entre quentin et sa soeur ?

j'aurai ma reponse en milieu de matinée, quand quentin, silencieux observera sa petite soeur un long moment aant de tendre la main vers elle pour caresser se cheveux blonds.."doux !! bébé..."

 

 

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Commentaires (1)

1. juliette 17/05/2011

2 très beaux récits qui m'ont parfois tiré la larme à l'œil... expérience magique et unique qu'est l'accouchement.. tes mots font du bien!! merci de partager des moments si intimes et pourtant si commun à l'etre humain!! bravo pour ton courage et ta force d'esprit pour avoir pu aller au bout de ce projet et de nous emmener avec toi dans ce magnifique voyage sensationnel.. j'essaierais de me rappeler l'image du tsunami lorsque cela m'arrivera
J'espère bientôt avoir le plaisir de lire l'arrivée de Lise-Ambre et prendre un nouveau billet vers la Vie.
plein de bises à tous les 5
juliette

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