Quand je serai grande, je serai ecriveuse...

Aujourd'hui, j'ai réfléchis...Bravooo !!

Ou plutôt, je me suis souvenu. Ma vie a défilé devant moi en filigrane tout au long de la journée, et ça m'a fait tout drôle, de faire remonter les souvenirs. Une chose en particulier, quand je revis tout le cheminement qui m'a mené à cet endroit, dans cette vie là, sur cette page, en train de m'adonner à mon loisir préféré : écrire.

Enfant, d'apparence joviale voir exhubérante pour mes proches, j'avais pourtant grand besoin de sollitude et d'évasion. La lecture m'a été d'une grande aide depuis que j'ai pris en main un livre que j'ai été capable de décrypter. Ce devait être en CE1 : Les mémoires d'un âne.

Maisprenonsleschoses par le début. J'ai découvert la lecture à mon entrée au CP comme une majorité de gens.

 La premiere vraie phrase que j'ai lu dans un livre, c'était ça : "C'est Yves. Yves est l'ami de béatrice." Vous imaginez ? Le premier mot que j'ai su lire seule, sans aide de la maîtresse, c'était le prénom de mon mari. Peut être l'apprentissage de la lecture m'a t il plus marqué que je n'ose me l'avouer...Et s'il s'était apellé titeuf ou matéo , serais-je mariée avec un homme plus jeune que moi ? Mais pourquoi servent ils toujours des manuels scolaires Has been ??

 

Trev ! Revenons en a ce bon cadichon...A vrai dire, je ne l'ai pas vraiment aimé. Mais l'avoir lu, compris, terminé et jugé a été une petite révolution. Je pouvais vivre quelque chose dans ma tête, toute une histoire, une vie, sans être absente de la maison, sans qu'on m'entende, sans que personne ne sache ce qu'il pouvait bien se passer, a quelques centimetres de lui, juste là dans ma tête.

J'aimais cette nouvelle faculté de pouvoir partir ailleurs. Et j'ai lu. Beaucoup. De l'école primaire au lycée, plus ou moins assidue,je trainais mes livres avec moi. Lit, bus, train, tram, wc, en marchant dans la rue...Voilà qu'on peut  apprendre, imaginer, découvrir, voyager partout, en allant nulle part.

Au primaire, me voilà parachutée chez les petites filles modèles,  puis dans tout l'univers de la comptesse de ségur. Un livre par semaine. Un bon rythme.

Apres en être sortie, avoir dévoré toutes les robes de popeline et de dentelle des petites filles, aprés avoir pleuré d'injustice avec sophie, avoir maudit la vilaine petite fille riche et aigrie, m'être noyée deux fois et avoir survécu a un accident de carosse, j'ai fait une overdose de politesse et de délicieux petits biscuits. Fatiguée de lire des histoires de filles.

 Et un jour, j'ai fait la connaissance du petit prince.  Je me souviens l'avoir trouvé "pas terrible" durant les premieres pages. Mais plus la fin approchait et plus je presentais ce qui allait se passer. Le soir ou je l'ai,j'étais dans mon lit, dans ma chambre toute rose . Je faisais des pauses aprés chaque page tellement j'avais peur de ce que je sentais arriver. J'ai lu, relu plusieurs fois cette fin sans y croire et je me suis dis que j'aurai aimé pouvoir la réécrire, ne pas avoir à être confrontée à ça. C'est la première fois que j'ai pleuré.

J'aurai voulu être capable d'avoir une influence sur ce texte.

Première étincelle probablement. clairement j'ai entrevue que derriere les pages accusées, quelqu'un, un jour,  avec sa tête et sa main, avait décidé du destin du Petit Prince. Pire encore, il l'avait créé !

Les petites filles modèles et leurs copines pouvaient encore passer pour de vraies petites filles qu'on aurait décalquées dans un livre. Cadichon peut être pas, mais lui avait la décense d'être un animal. Quant aux contes, on voit tout de suite que c'est..."des histoires".

Mais le petit Prince, lui, il était vivant, il était magique mais bien réel, il se tenait devant moi, et la seconde d'aprés il s'écroulait lentement sur le sable. Les contes ne finissent pas comme ça.

Je n'ai encore jamais eu le courage de le relire. Pourtant, 15 ans aprés j'aurai plus encore à y trouver.

 

Puis,....Vint le jour de la punition. Ca mérite un historique :

Depuis toujours, j'ai un temps de réaction...lent. Je suis de bonne volonté, mais j'ai toujours eu un train de retard. Le moment ou je mets en application ce qu'on me demande conincide la plupart du temps à l'instant ou mon interlocuteur perd patience. "Mais j'allais le faire !"

Au cours de la première partie de ma vie, on m'a tour à tour cru malentendante, m'en-foutiste, dépressive, narcoleptique, droguée et rebelle. Non, j'étais simplement molle.

Toujours est-il qu'à l'époque dont je parle, je fréquentais les bancs de l'école primaire, et j'obéissais, lentement.

Ma mère, pourtant peu adèpte des punitions bêtes et méchantes m'avait ce jour là infligé un chatiment.

 Ecrire 500 fois : "Je dois obéir, vite !".

Avant de me laisser à ma tâche un éclair de génie lui est venu.

"C'est ça, ou alors tu écris une histoire d'au moins trois pages."

"Ce que je veux?"

"Oui,mais au moins trois pages pleines."

 

J'en ai écrit huit. Mais pas une nouvelle fin pour le petit Prince.

Je me suis petitement lancée dans le récit de bobo l'épicier qui gagnait au loto et a qui tout le monde en voulait.

Mais j'y ai pris un plaisir fou. Je suis sortie de ma chambre trés longtemps aprés avoir été punie. J'avais completement oublié  que la conquête du territoire de mon imagination découlait d'une colère maternelle.

J'ai lu mon récit à table le soir. Ma mère doit encore l'avoir quelque part...

 

Plus tard dans mon enfance et mon adolescence, j'ai découvert encore de nombreuses choses à propos des mots, de leurs assemblages, des differentes façons de les manier.

J'ai passé une longue période ou les mots les plus communs s'offraient à moi, soudainement. J'étais surprise à chaque fois. Des mots pourtant simples perdaient tout à coup toute signification. Mon oreille l'entendait brusquement comme s'il avait s'agit d'une langue étrangère entendue pour le première fois.

Bingo, maillon, grenouille, cahier, crayon,  cancre, mignon, cassoulet,bille...Seul l'aspect phonique m'apparaissait et je restais emerveillée de voir qu'on pouvait vider un mot de son sens et se contenter de l'observer tel qu'il était. Je faisais des images de mots. Je réinventait des définitions d'aprés la nouvelle sonorité que je leur découvrait(d'ailleurs a l adresse de vivi, j'i retrouvé cet exercice en lisant les petite exeriences philosophiques quotidienne!! fou non?lol). Quelques heures de ma vie lycéenne se sont écoulées ainsi. A en voir mes cahier ça faisait un peu étrange, ces mots grifonnés un peu partout sans rapport aucun avec le cours enseigné. J'avais espoir qu'en les notant, je me souviendrais de l'impression que m'avait fait les mots quand il m'etaient aparus touss nu. Mais on ne s'en souviens jamais vraiment. La prouesse est deja assez difficile à executer une fois !

Un proffesseur de musique, quand j'étais au college m'a preté un de ses livres : "exercices de style" par Queneau. Quelle merveille ! La même histoire, déclinée de cent façons differentes ! Mais on peut donc faire ce que l'on veut ! c'est un jeu d'acteur, il y a donc une techniqiue à tout ça ! écrire peut s'apprendre, se travailler. Ce n'est donc pas qu'un défouloir sponatané !

Operer une mutation sur les choses. Fairerire grâce au récit d'un drame familial, dire des choses odieuses avec classe, faire passer une idée farfelue pour une vérité, changer le sens d'un message en en changeant une virgule...

Aprés lecture, j'ai commencer à prendre garde à ce que j'écrivais. Avant cela, je posait sur papier tout ce qui me passait par le tête, avec une sincérité et une naïveté déconcertante. Mais là, j'ai découvert que même les petites marques d'ironie à peine perseptibles à l'oral pouvaient se transmettre par écrit, sans qu'aucun signe de ponctuation ni aucune note entre parentheses ne vienne le dénoncer. Si on fait bien son travail d'écriture, onpeut tout faire.

je vous raconte un peu en vrac toutes ces petites anecdotes qui me sont revennues en tête, je me rend compte que  c'est trés personnel et probablement ennuyeux ! Je m'en excuse et ne vous contrains pas à aller jusqu'au bout ! Bref, libre vous être de cliquer sur echap, aucun mal ne m'en sera fait. Mais je prend beaucoup de plaisir à revire tout ça égoïstement sur mon écran. Un grande nostalgie s'est eparée de moi ces deux derniers jours, et j'ai une envie dévorante d 'écrire..tient donc ! Je me dis que ces quelques lignes m'aideront peut être à entamer un écrit deplus de quelques pages d'ici peu ?

d'ailleurs je suis probablement hypocrite en disant que j'écris égoïstement. On ne fait rien pour rien et il semble contradictoire d'utiliser un mode d'expression quel qu'il soit si c'estpour la garder pour soi. Je me corige et avoie que je seraic ontente si je luis lue jusqu'au bout. Plus qu'un récit nombriliste, je vous offre une part de mon enfance, de ce qui m'anime. Merci donc, d'avoir lu jusqu'ici...

Mais passons, j'ai fini par franchir les portes du lycée, liseuse et ecriveuse du dimanche. J'ai fais de trés belles rencontres. Barjavel et son style épuré, qui sert des idées et des décors complexes et complets avec une simplicité que je lui envie entre tout. J'ai appris l'écriture féministe et érotique aux cotés de benoite groult ;  l'humour et la désinvolture aussi. Puis Amélie notomb, drôle de fille dont j'admire le style singlant et la folie qui suinte entre les lignes. Et d'autres, qui m'ont déstabilisée parfois. Quoi ? un livre peut aussi troubler nos idées et notre confort ? Nous faire changer d'optique, nous nourrir ? Nous donner l'occasion de commencer une réflexion à partirde celle de quelqu'un d'autre ? Merci chers écrivains de nous épargner quelques heures de déboires et de flou en nous apportant sur un plateau le fruit de vos pensées. Merci de nous offrir des pistes, des sentiers deja battus.

 

Durant ma "zola mania" j'ai découvert que l'on pouvait se cultiver en lisant. Meme s'il m'arrivait d'ouvrir  mes livres scolaires, je ne me suis jamais extasiée, sauf à partir du moment ou j'ai pu faire le parrallele entre des faits historiques et la trame de certaines de mes lectures. J'ai plongé mon nez dans mon livre d'histoire en esperant comprendre mieux les tenants et les aboutissants des histoires dont je me saoulais.

Bref, avec le temps, l'écriture et la lecture sont sont fait une place d'honneur dans mon quotidien. je me suis atachée à ce mode d'expression. Je m'y sens bien souvent plus à l'aise qu'à l'oral. Et oui, toujours cette molesse qui me pousse à ranger mes idées si longtemps que quand je suis enfin prête à intervenir, la conversation a glissé sur autre chose. J'ai bien tenté parfois de placer mes trouvailles malgré tout mais j'obtiens souvent des silences...Oi, mais heu...De quoi on parlait deja ? lol

Ho ca n'arrive pas tout le temps ! Je m'améliore !  Mais tout de même, il est infiniement plus facile pour moi de dire les choses par encre et papier. Je peux prendre mon temps...J'ai toute la journée pour choisir un mot..et même y revenir si jamais il ne me plaisait plus ! Quelle liberté ! Puis il faut dire qu' en matière de mot, je suis tatillon. Un mot n'est pas l'autre. Je ne crois pas aux synonymes.

Je dirais même qu'à la longue, poser par écrit les petites choses du quotidien, (la raison d'être de ce blog finalement ) m'aide bien souvent à me faire une idée globale, une vue d'ensemble que je prend mieux le temps d'observer. J'en profite pour évacuer toutes mes idées inutiles ou néfastes. Une fois écrites, elle prennent moins de place dans ma mémoire et je repars plus légère.

Halala il me semble que je pourrais en parler des heures, de cette volupté, de ce détachement ou seul le neurone tete/main fonctionne. Quand j'écris ou que je lis, je ne suis jamais seule. Je suis chez moi partout. Je ne manque de rien.

Aujourd'hui, j'ai réfléchis.

Ecrire, c'est mon truc.

 

 

noé

 

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Commentaires (4)

1. Sève 31/07/2008

Sentiment étrange.
Ces lignes ressemblent fort aux 1ères pages d'un roman. Et comme dans la plupart des romans, on entre dans l'intimité du personnage en l'observant sans être vu.
Sauf que là....je te connais ! Et ça fait une grosse différence ! Je peux mettre un visage, une voix sur cette suite de mots.

Alors si c'est ton truc, vas-y !

2. Isa (site web) 31/07/2008

J'ai l'impression d'être la petite mouche (lol) qui traine à l'école, à la maison, etc. et qui assiste non volontairement à la naissance d'une vocation...

J'attends avec impatience la suite... Il est temps de le mettre au monde ce talent!

3. vivi 02/08/2008

Aucun talent..Aucune imagination... pas une émotion ne m'a traversé au cours de ces qq lignes... Réfléchie bien avant de te lancer..

;) je savais que le bouquin te servirait..:p

Bon plus sérieusement... pourquoi on dit que l'oralisation est plus précieuse que l'écrit? Pourquoi dire je t'aime semble plus sensé que l'écrire??? Tu te rends compte la faculté que nous pouvons avoir à l'écrit à transformé la taille des lettres, le style (cursives, cunéïforme,idéogrammes...), le papier sur lequel crisse la plume, le stylo, le crayon, la pensée pour la personne au moment où on l'écrit, au moment où on sait qu'il lit, le moment où l'on sait qu'il nous répond, le moment où on lit sa réponse... Non vraiment, écrire "je t'aime" induit tant de moment de bonheur, que je ne me lasserai jamais de l'écrire...
Bien à toi douce Noé...
Mes deux mains en attendent d'autres.

4. vivi 02/08/2008

horreur malheur..j'aurais dû me relire afin d'apargner à vos yeux de telles ignominies..on est pas sur MSN là en plus..aucune excuse...

j'ai hooooooooooooooonnnnnnnteuuuuuuuu

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